Qui n’a jamais aperçu des musiciens de métro sur leur chemin de travail ou pendant leur balade ? Quelle opinion as-tu de ces derniers ? Prends le temps de lire cet article pour consolider ton idée ou te faire changer de point de vue !
 
Dans la plupart des grandes villes, jouer dans le métro n’est pas une mince affaire. Il faut souvent passer des auditions pour recevoir une accréditation afin de partager sa musique à quelques pieds sous terre. Après avoir eu mon accréditation par la RATP pour jouer dans le métro de Paris, je fais partie des Étoiles du métro de Montréal pour la troisième année consécutive. Être musicien de métro, beaucoup vont trouver ça « too much » en terme d’éthique et c’est bien dommage. Effectivement, pour les non-artistes, se produire dans le métro peut avoir une connotation de « mendiant », de musicien « refoulé » qui n’a pas réussi sa carrière. Je vais vous énumérer en plusieurs points les avantages de jouer dans cet endroit, ce lieu de passage où le hasard et les distractions naissent.

1 – Une visibilité, et pas des moindres

Pratiquer sa musique dans le métro ou dans la rue est un excellent moyen de se faire « voir » et par la suite se faire connaître. Jouer pendant les heures de pointe, devant 10 000 personnes au minimum : que demander de mieux ? Je trouve ça plus efficace que de donner des flyers ou poster sa musique sur les réseaux sociaux.

Grâce à cette visibilité, les musiciens peuvent se faire des contacts et peuvent recevoir des contrats pour jouer dans divers événements. Pratiquer sa musique dans le métro permet également d’élargir son public. Si un musicien est amené à se produire dans un bar ou dans un restaurant, la clientèle ne sera pas la même que celle dans le métro.

Certains écoutent sur le quai, peuvent noter le nom de l’artiste, se rendent sur les réseaux sociaux pour continuer de suivre son actualité. Grâce à cette pratique, beaucoup de passants se sont procurés mon premier album. Je les revois régulièrement, les reconnais et les retrouve parfois lors de mes concerts.

 

2 – Une quête de liberté

Il n’y a pas de contrats pour jouer dans le métro. Tout ce qu’il reste à faire, c’est de trouver sa place et de profiter. Imaginez cette sensation de liberté, où tu n’as pas besoin de frapper à toutes les portes des bars et restaurants. Devoir faire la promotion à tout va, dépenser toute son énergie pour qu’une poignée de personnes s’empressent de venir assister à ton concert. Beaucoup d’artistes n’ont évidemment pas d’agents ou managers qui vont s’occuper de la partie communication de leur prestations. Il faut se débrouiller seul. C’est une pression supplémentaire qui n’existe pas dans le métro.
 

3 – Un bon moyen d’arrondir ses fins de mois

Pour ma part, Ça a été le meilleur job pendant mes années d’études. Avec persévérance, j’ai pu financer mon école, payer mon loyer et mes charges. Cela n’arrive pas en claquant des doigts, il faut se bouger ! Cela m’a laissé le temps d’étudier et d’être très productif durant la journée. Malgré le côté aléatoire des gains, il faut se mettre dans la tête que plus un musicien va jouer longtemps, plus un artiste arrondiras ses fins de mois. Il faut tout de même avoir des endroits, des jours et des heures stratégiques.
 

4 – Un concert dans un autre contexte

Jouer dans le métro est très différent d’un concert dans un établissement. Sous terre, les passants peuvent s’arrêter, venir discuter avec le musicien et prendre leur temps. C’est ici qu’on touche un nouveau public : ils peuvent aussi écouter ses compositions. Voir des sourires, quel plaisir ! C’est à partir de là qu’on peut voir la proximité avec le public.
Quand le langage musical rassemble dans le métro de Montréal !

Ce que j'aime dans ce que je fais c'est de donner le sourire aux passants, peu importe nos différences. La musique est un dénominateur commun, un langage universel qui rassemble, qui surprend. Merci à vous et à Victoire Vincent pour la vidéo spontanée !

Publié par Anthony Lovison sur lundi 20 novembre 2017

 

5 – Un excellent moyen de tester ses nouveaux morceaux

Lorsque l’on apprend de nouvelles chansons, nous sommes impatients de les partager devant son public. Mais nous n’avons pas assez de recul pour savoir si le titre va plaire. Dans le métro, malgré que l’on doit rester irréprochable (les passants vont juger ta prestation sur quelques secondes), nous pouvons essayer les nouveaux morceaux lorsqu’il y a peu de monde. Un bon moyen de les tester en live.
Il s’agit à mon sens de la meilleure salle de répétition dont un musicien puisse rêver. 
 

6 – Un gain de confiance et de charisme

L’expérience du métro est très formatrice. Entre gain de courage et mise à nu, tenter de capter l’attention d’un public qui n’est pas forcément venu écouter l’artiste est un réel exercice ! Ce n’est pas quelque chose de simple pour les personnes qui débutent. La plupart du temps, il faut faire face à des personnes ignorantes. De plus, jouer longtemps permet de gagner en endurance vocale et avec le temps, le charisme se développe. Il faut vraiment être au sommet de son art pour captiver l’auditoire et gagner sa journée. Cela permet de gagner en confiance.
 
Ce que je souhaite montrer à travers cet article, c’est que derrière chaque musicien du métro se cache une histoire unique à découvrir. Nous n’arrivons pas dans les souterrains par hasard. Si ne vous connaissez pas mon parcours, n’hésitez pas à lire ma petite biographie avec mes distinctions obtenues.
Lorsque je joue dans le métro, je rentre chez moi épuisé, mais j’ai pris mon pied ! Quel bonheur d’avoir essayé d’apporter de la gaité auprès des voyageurs pour quelques instants.
 
Bref, je suis Musicien du Métro, je te conseille de tenter l’expérience, tu ne le regretteras pas !
 
Anthony Lovison

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